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29/05/2013

Si c'est ça être "Glamour", alors nous ne le sommes pas

Dans les librairies on trouve plusieurs magazines féminins. J’ai décidé d'en acheter un (Glamour, n° 101, Août 2012)pour voir quels sujets intéressent les jeunes femmes d'aujourd'hui et ce qu'on leur conseille en matière de mode, beauté... Dans ce mensuel trois articles ont principalement attiré mon attention dans le sens négatif du terme.

 

Le premier article a pour titre : Pour un flirt avec toi … (et toi, et toi aussi)        (pp. 42-44)

L'article commence par « Lequel choisir : Grégoire, Paul et Raphaël ? Et pourquoi pas les trois en même temps ? ». Il est consacré aux « multi-dateuses ». On nous explique qu'il s'agit de femmes célibataires qui flirtent avec plusieurs garçons en même temps avant d'en choisir un.

L'auteur de l'article les décrit comme étant des marathoniennes de l'amour. En justifiant leur façon de chercher un petit ami par le fait qu'il existe « une multitude de Messieurs à tester sur le marché », il assimile ainsi l'homme à une marchandise. Il reprend d’ailleurs les propos d'une femme (qualifiée de sexperte) qui évoque aussi sans gène l'aspect commercial de ce type de relation : « avec Internet on assiste à une multiplication des choix possibles en matière de rencontres. Avec un réservoir de plusieurs millions d'hommes accessibles, pourquoi ne pas faire jouer la concurrence ? C'est une attitude consommatrice dans le bon sens du terme ».

L'auteur rapporte que « comme dans tout jeu amoureux, il y a des règles à respecter. Le multi-dating n'est pas une chasse à l'homme sans morale ni conséquences », avec une telle phrase on a l'impression que l'on peut agir de façon irrespectueuse mais avec quand même un peu de morale, j’aimerais bien connaître sa définition de la morale... Une multi-dateuse pense que « tout d’abord, aucun des garçons ne doit être au courant, sinon ce petit jeu tourne à la compétition malsaine entre eux ». Elle parle de compétition malsaine entre les hommes, mais apparemment il n'y a rien de mal à flirter avec plusieurs personnes en même temps et de le leur cacher !

On peut lire qu'aux Etats-Unis cette pratique serait ancrée dans les mœurs … (et ??! En quoi les Etats-Unis devraient être un exemple ?!) ; et qu'en France la multi-dateuse « commence tout juste à s'assumer, la faute à quelques clichés misogynes d'un autre âge qui ont encore la peau dure. Une fille qui multiplie les conquêtes est toujours considérée comme une fille facile, à l'inverse, le garçon qui fait de même est un don juan ».

Que ces pratiques soient faites par des hommes ou des femmes, elles restent malsaines, mais avec des articles comme celui-ci on tend à les banaliser et à inciter les jeunes femmes à agir de la sorte.

 

Le deuxième article a pour titre : Pour un bébé, cliquez « OK »  (pp. 48-51)

Cet article évoque des anglaises de moins de 25 ans qui veulent avoir un enfant dans l'immédiat et qui préfèrent « faire appel à un donneur plutôt que de perdre du temps à chercher un mec qui au final voudra peut-être juste flirter, pas procréer ». Or il ne s'agit pas d'une perte de temps pour une femme qui souhaite fonder une famille que de chercher un homme (et non un mec) qui sera le père de ses enfants.

On apprend que ces jeunes femmes se mettent en relation avec des donneurs de sperme, de façon informelle, par le biais de sites Internet. Cette démarche, moins onéreuse qu'en passant par une clinique privée, consisterait « à coucher avec son donneur ou à acheter un kit d'insémination artificielle sur le Net », on parle « d'insémination DIY ». Comme le souligne l'auteur de l'article, elles s'exposent à des risques énormes. Il s'agit d'une « démarche pas « moins saine », selon les adeptes de ces banques de sperme en ligne, que de choper un inconnu dans un bar ou de faire un enfant dans le dos à son mec ». Ces personnes en viennent à comparer quelle méthode est la moins malsaine pour avoir un enfant…

Dans les annonces qu'elles laissent aux donneurs sur Internet, ces femmes précisent souvent qu'elles ont autour d'elles « un réseau familial apte à compenser l'absence d'un père », car bien sur ce désir de maternité prive l'enfant d'un papa ! On découvre quelques lignes plus loin dans l'article que cette génération de filles est « élevée de plus en plus souvent par des mères seules », ce qui pourrait expliquer l'inconscience de ces jeunes femmes qui, probablement par manque de repère familial, empêchent leur enfant de grandir au sein d'un foyer comprenant leur papa et leur maman.

Dans cet article l'auteur écrit « qu'avec l'augmentation des divorces, ces filles savent qu'une relation de couple n'a pas forcément vocation à durer », or les divorces ne changent rien à la vocation du mariage qui est de durer !! Et si certains échouent ce n'est pas pour autant qu'il vaut mieux avoir un enfant seule.

 

Troisième article a pour titre : Photo - matons - nous !  (pp. 52-64)

Cet article parle du « sextagram » qui est défini dans l'édito de ce magazine comme une « nouvelle manie qu'ont les amoureux de s'envoyer des photos de leur anatomie (le plus souvent dénudée et sous toutes les coutures) comme autant de messages d'amour 3.0. ». Si des photos d'anatomie sont des messages d'amour, on peut se demander sur quoi est basé cet amour...

L'auteur de l'article informe que cette tendance serait partie des sites de rencontres, où des gens cherchent un flirt d'une nuit, parlent d'eux, se décrivent et parfois s'envoient des photos intimes. Comme il le précise, « on assiste à une forme de commercialisation de soi. C'est la promesse faite à l'autre que la « marchandise » est bonne. Alors, on envoie une photo de ses seins comme on montrerait une paire de chaussures à une acheteuse sur eBay ».

Pour intéresser une personne on pense donc qu'il faut s'exhiber, on met en avant son corps, en effet comme de la marchandise.

 

 

En abordant dans un même numéro des articles qui ne parlent pas d'une vie à deux saine, mais qui évoquent des pratiques irrespectueuses, quelle image du couple veut-on donner aux jeunes femmes ?

Le magazine comprend aussi une rubrique dans laquelle on aborde plusieurs sujets en les qualifiant de « glamour » ou « pas glamour ». Celui intitulé « C'est la lutte à poil » évoque la « nouvelle espèce d'activistes » qui se déshabille dans la rue, on y cite entres autres les femen, ce sujet est qualifié de « glamour » !?

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce type de presse, et les idées qu'elle véhicule chez les jeunes femmes, mais la plus importante sera « à ne pas lire »!!

 

                                                                                                                          C. Blancs

15/05/2013

Chaperons Blancs : des points de vue différents

Chaperons Blancs est un blog créé à l'initiative d'une jeune française souhaitant exprimer son point de vue et celui d'autres jeunes femmes sur des sujets pour lesquels elles sont souvent en désaccord avec ce que l'on voudrait que les femmes de notre société pensent.


Lors de la lecture d'un magazine féminin, qui est donc censé la concerner et l'intéresser, elle s'est sentie en total décalage avec ce qui était écrit et conseillé. Consciente que malheureusement de nombreuses jeunes filles sont réceptives aux messages transmis par ce type de revue, elle a choisi d'aborder ce sujet qui sera celui de son premier article.