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04/07/2014

Du berceau au frigo : l'immigration dans nos rayons

Depuis quelques années nous constatons la présence d'aliments halal dans nos supermarchés. Ils occupaient initialement un petit espace, mais dorénavant ils peuvent disposer de rayons entiers dans les commerces de grande distribution.


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Exemple de six rayons contenant uniquement des produits halal à Carrefour.

Ces produits, répondant aux exigences des musulmans, sont même mis en avant dans les publicités que l'on reçoit dans notre boîte aux lettres. Celle du magasin Auchan (période du 25 juin au 01 juillet 2014 - publicité de 25 pages) consacre jusqu'à 5 pages aux « saveurs orientales » sur les 14 pages de produits alimentaires ! On y trouve des marques spécialisées dans les aliments orientaux (Samia, Aïcha, El Saada, Réghalal...) produits par des sociétés françaises (Haudecoeur, Moulin-Ville, Jouvin...). On constate aussi que de grandes marques françaises s'adaptent aux volontés de ces consommateurs, par exemple : Maggi avec un bouillon halal, Fleury Michon avec un blanc de poulet halal, ou encore Lactel avec un lait laban car ces produits spécialisés ne concernent pas uniquement la viande.

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double page de publicité d'aliments aux "saveurs orientales" 

 

 

Des produits à destination des personnes d'origine maghrébine commencent à être introduits dans d'autres domaines que l'alimentaire. Carrefour vend par exemple des numéros de la revue Gazelle, le magazine de la femme maghrébine, au milieu des périodiques de la presse féminine telles que Femme Actuelle, Biba, Glamour1.... La revue Gazelle du mois de mai-juin comprend, entre autres, un article s'intitulant « mes rituels avant d'aborder le ramadan ». Sur sa couverture, illustrée par la photographie d'une femme en tenue traditionnelle orientale, on lit une phrase de Tariq Ramadan disant que « la laïcité est l'espace ouvert à toutes les religions ». On trouve aussi un numéro hors-série consacré au mariage oriental avec par exemple un article « votre lune de miel en pays musulman ».

 

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magazines Gazelle dans le kiosque de la presse féminine

 

Si en France des produits doivent répondre aux critères de la culture orientale pour être attractifs, où est la volonté d'intégration des personnes issues de l'immigration ?

 

al thir.pngEn 2013, Vulli, le fabricant français de jouets, a créé un nouvel ami à sa célèbre girafe Sophie. Il s'agit d'un dromadaire nommé Al'thir.

 

La marque Vulli a repris les mêmes caractéristiques qui ont fait le succès de sa Girafe pour concevoir ce dromadaire. Il lui ressemble au niveau de sa forme, sa taille, sa matière... mais ce qui nous étonne c'est la différence d'emballage entre ces deux produits.

Sophie la Girafe, bien qu'elle représente un animal d'Afrique, a été créée en 1961, le jour de la Sainte Sophie, avec un prénom et une boîte correspondant à la culture européenne des enfants qui allaient la recevoir en cadeau. Mais pour, Al'thir, la calligraphie de son nom sur la boîte est orientale et les textes sont traduits en langue arabe. Quelle « évolution » entre 1961 et 2013... pour un jouet fabriqué et vendu en France !

Dans l'article, Avec Al’Thir, Vulli veut s’ouvrir à de nouveaux marchés paru sur le siteledauphine.com, on découvre qu'« Al’Thir, mais aussi le doudou en satin à son effigie sont déjà commercialisés dans plus d’une dizaine de pays, au Moyen-Orient, dans l’arc méditerranéen, en Inde, mais aussi en Angleterre et en France ». On y apprend que ce produit, qui doit permettre de s'ouvrir à de nouveaux marchés, « a notamment réussi son entrée sur le marché français avec d’excellents résultats sur les sites de vente en ligne ». Sur le site Internet al-thir.com (traduit en anglais, arabe et français) les seuls liens de points de vente sont : en France, au Japon et au Royaume-Uni... aucun lien vers le Moyen-Orient pour qui ce produit semble avoir été fabriqué.

On peut penser que comme pour la célèbre Girafe, il y aura beaucoup de produits dérivés d'Al'Thir (biberons, jeux d'éveils, livres, vêtements...) et que ceux-ci prendront donc d'avantage de place dans nos magasins.

 

Si en France on trouve des produits pour les nouveaux-nés aux caractéristiques orientales, où est la volonté de préserver et transmettre la culture occidentale aux futures générations ?!!

 

 

 

 

 

 

 

1 cf. dans notre blog l'article en date du 29/05/2013 « Si c'est ça être "Glamour", alors nous ne le sommes pas »

29/05/2013

Si c'est ça être "Glamour", alors nous ne le sommes pas

Dans les librairies on trouve plusieurs magazines féminins. J’ai décidé d'en acheter un (Glamour, n° 101, Août 2012)pour voir quels sujets intéressent les jeunes femmes d'aujourd'hui et ce qu'on leur conseille en matière de mode, beauté... Dans ce mensuel trois articles ont principalement attiré mon attention dans le sens négatif du terme.

 

Le premier article a pour titre : Pour un flirt avec toi … (et toi, et toi aussi)        (pp. 42-44)

L'article commence par « Lequel choisir : Grégoire, Paul et Raphaël ? Et pourquoi pas les trois en même temps ? ». Il est consacré aux « multi-dateuses ». On nous explique qu'il s'agit de femmes célibataires qui flirtent avec plusieurs garçons en même temps avant d'en choisir un.

L'auteur de l'article les décrit comme étant des marathoniennes de l'amour. En justifiant leur façon de chercher un petit ami par le fait qu'il existe « une multitude de Messieurs à tester sur le marché », il assimile ainsi l'homme à une marchandise. Il reprend d’ailleurs les propos d'une femme (qualifiée de sexperte) qui évoque aussi sans gène l'aspect commercial de ce type de relation : « avec Internet on assiste à une multiplication des choix possibles en matière de rencontres. Avec un réservoir de plusieurs millions d'hommes accessibles, pourquoi ne pas faire jouer la concurrence ? C'est une attitude consommatrice dans le bon sens du terme ».

L'auteur rapporte que « comme dans tout jeu amoureux, il y a des règles à respecter. Le multi-dating n'est pas une chasse à l'homme sans morale ni conséquences », avec une telle phrase on a l'impression que l'on peut agir de façon irrespectueuse mais avec quand même un peu de morale, j’aimerais bien connaître sa définition de la morale... Une multi-dateuse pense que « tout d’abord, aucun des garçons ne doit être au courant, sinon ce petit jeu tourne à la compétition malsaine entre eux ». Elle parle de compétition malsaine entre les hommes, mais apparemment il n'y a rien de mal à flirter avec plusieurs personnes en même temps et de le leur cacher !

On peut lire qu'aux Etats-Unis cette pratique serait ancrée dans les mœurs … (et ??! En quoi les Etats-Unis devraient être un exemple ?!) ; et qu'en France la multi-dateuse « commence tout juste à s'assumer, la faute à quelques clichés misogynes d'un autre âge qui ont encore la peau dure. Une fille qui multiplie les conquêtes est toujours considérée comme une fille facile, à l'inverse, le garçon qui fait de même est un don juan ».

Que ces pratiques soient faites par des hommes ou des femmes, elles restent malsaines, mais avec des articles comme celui-ci on tend à les banaliser et à inciter les jeunes femmes à agir de la sorte.

 

Le deuxième article a pour titre : Pour un bébé, cliquez « OK »  (pp. 48-51)

Cet article évoque des anglaises de moins de 25 ans qui veulent avoir un enfant dans l'immédiat et qui préfèrent « faire appel à un donneur plutôt que de perdre du temps à chercher un mec qui au final voudra peut-être juste flirter, pas procréer ». Or il ne s'agit pas d'une perte de temps pour une femme qui souhaite fonder une famille que de chercher un homme (et non un mec) qui sera le père de ses enfants.

On apprend que ces jeunes femmes se mettent en relation avec des donneurs de sperme, de façon informelle, par le biais de sites Internet. Cette démarche, moins onéreuse qu'en passant par une clinique privée, consisterait « à coucher avec son donneur ou à acheter un kit d'insémination artificielle sur le Net », on parle « d'insémination DIY ». Comme le souligne l'auteur de l'article, elles s'exposent à des risques énormes. Il s'agit d'une « démarche pas « moins saine », selon les adeptes de ces banques de sperme en ligne, que de choper un inconnu dans un bar ou de faire un enfant dans le dos à son mec ». Ces personnes en viennent à comparer quelle méthode est la moins malsaine pour avoir un enfant…

Dans les annonces qu'elles laissent aux donneurs sur Internet, ces femmes précisent souvent qu'elles ont autour d'elles « un réseau familial apte à compenser l'absence d'un père », car bien sur ce désir de maternité prive l'enfant d'un papa ! On découvre quelques lignes plus loin dans l'article que cette génération de filles est « élevée de plus en plus souvent par des mères seules », ce qui pourrait expliquer l'inconscience de ces jeunes femmes qui, probablement par manque de repère familial, empêchent leur enfant de grandir au sein d'un foyer comprenant leur papa et leur maman.

Dans cet article l'auteur écrit « qu'avec l'augmentation des divorces, ces filles savent qu'une relation de couple n'a pas forcément vocation à durer », or les divorces ne changent rien à la vocation du mariage qui est de durer !! Et si certains échouent ce n'est pas pour autant qu'il vaut mieux avoir un enfant seule.

 

Troisième article a pour titre : Photo - matons - nous !  (pp. 52-64)

Cet article parle du « sextagram » qui est défini dans l'édito de ce magazine comme une « nouvelle manie qu'ont les amoureux de s'envoyer des photos de leur anatomie (le plus souvent dénudée et sous toutes les coutures) comme autant de messages d'amour 3.0. ». Si des photos d'anatomie sont des messages d'amour, on peut se demander sur quoi est basé cet amour...

L'auteur de l'article informe que cette tendance serait partie des sites de rencontres, où des gens cherchent un flirt d'une nuit, parlent d'eux, se décrivent et parfois s'envoient des photos intimes. Comme il le précise, « on assiste à une forme de commercialisation de soi. C'est la promesse faite à l'autre que la « marchandise » est bonne. Alors, on envoie une photo de ses seins comme on montrerait une paire de chaussures à une acheteuse sur eBay ».

Pour intéresser une personne on pense donc qu'il faut s'exhiber, on met en avant son corps, en effet comme de la marchandise.

 

 

En abordant dans un même numéro des articles qui ne parlent pas d'une vie à deux saine, mais qui évoquent des pratiques irrespectueuses, quelle image du couple veut-on donner aux jeunes femmes ?

Le magazine comprend aussi une rubrique dans laquelle on aborde plusieurs sujets en les qualifiant de « glamour » ou « pas glamour ». Celui intitulé « C'est la lutte à poil » évoque la « nouvelle espèce d'activistes » qui se déshabille dans la rue, on y cite entres autres les femen, ce sujet est qualifié de « glamour » !?

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce type de presse, et les idées qu'elle véhicule chez les jeunes femmes, mais la plus importante sera « à ne pas lire »!!

 

                                                                                                                          C. Blancs